C'est un des grands sujets de préoccupation pour tous ceux qui ont un projet de construction. Les contraintes réglementaires et sanitaires actuelles ne laissent guère de choix aux nouveaux propriétaires de terrain à bâtir: le raccordement au tout-à-l'égout, lorsque le réseau passe à proximité, ou bien la fosse septique "toutes eaux" avec ses tranchées d'épandage ou son filtre à sable. Des solutions confortables et hygiéniques mais dont l'écobilan est assez calamiteux notamment dans le cas de tout-à-l'égout. La chasse d'eau qui permet de soustraire tous ces effluents à nos regards, représente un gaspillage insensé d'eau potable. C'est aussi un gaspillage de matières organiques, qui sont soit rejetées directement dans les rivières, soit mélangées aux effluents industriels lorsque le tout-à-l'égout aboutit à une station d'épuration. Ces infrastructures extrêmement lourdes et de plus en plus coûteuses sont très peu efficaces. De plus, on ne sait plus trop que faire de leurs boues contaminées par les polluants issus des activités industrielles. Le bilan de l'assainissement autonome avec fosses septiques en tranchées filtrantes est plus nuancé. Une solution: l'épuration par filtres à roseaux: Cette solution ne supprime pas l'usage de la chasse d'eau mais permet une épuration complète des eaux grises (cuisines et salles de bain) et des eaux de WC ; d'autant que l'utilisation d'eau potable pour la chasse peut être remplacée par de l'eau de pluie. (Dans certains pays européens, on installe désormais une double utilisation avec une eau de moindre qualité pour la chasse d'eau et le lave-linge). Du collectif à l'individuel: Le procédé d'épuration par filtres plantés de roseaux suscite un intérêt croissant. Plus de cinquante installations fonctionnent déjà en France, généralement pour des communes, des hameaux (de 20 à 2000 habitants). Bien adapté à l'assainissement collectif, ce procédé s'avère également intéressant pour l'habitat individuel. Contrairement au lagunage qui nécessite beaucoup d'espace et s'applique exclusivement aux collectivités, Les filtres à roseaux ne requièrent que 1 ,5 à 2 m2 par équivalent habitant, pour un coût comparable à une solution classique (3000 à 5000 €. pour une famille de 4 à 5 personnes). Un procédé rustique mais très performant: L'installation comprends deux bassins successifs dans lesquels les effluents circulent par gravité à travers différentes couches de sable et de graviers parcourues par les rhizomes (racines) des roseaux. Les matières en suspension retenues sont déshydratées et compostées sur place grâce à l'action conjuguée des bactéries et des plantes. Le volume des matières diminue très fortement et se transforme en terreau qui s'accumule lentement à la surface des filtres. A la sortie du second bassin, les composés azotés sont oxydés et l'eau est correctement épurée. Un procédé simple et remarquablement efficace. Les roseaux (pas n'importe lesquels) ne donnent de bons résultats que s'ils proviennent de semis réalisés avec des graines prélevés sur des plantes déjà adaptées à ce travail d'épuration. L'entretien se limite à une manoeuvre des vannes d'arrivée des effluents tous les trois ou sept jours (pour le changement de compartiment) à un fauchage et un désherbage annuel des roseaux. Convaincre l'administration: Reste le plus difficile: convaincre l'administration en charge des affaires sanitaires, car ce procédé n'est pas reconnu par la réglementation, et suscite généralement les plus vives réserves de la part des autorités sanitaires (DDASS).
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